De l’écologie du punk rock

On te dit les choses : Marre d’entendre raconter n’importe quoi sur l’obligation d’être sur Facebook, Bandcamp et gnagnagna.. On t’explique tout. En attendant que le webmaster rentre de la plage.

Le web est entrain de reconfigurer complètement nos vies. S’il a été conçu avec des fonds publiques et pour le dire vite, favoriser la diversité, nous constatons aujourd’hui un fonctionnement inverse du web qui favorise l’émergence de mégas structures de contrôle. Standardisant toujours plus les comportements, les goûts, les façons de faire. Ceci dans un contexte écologique des plus inquiétant. C’est pourquoi nous refusons les modèles des géants du numérique. Plates-formes, médias sociaux et autres réseaux numériques fonctionnant sur une exploitation éhonté du désir des individus.

Nous y opposons une nouvelle pratique du web et des technologies open sources. Nous considérons le web comme un nouvel espace de publication qui porte en lui des possibilités de libertés inouïes et pas complètement inconnues à ce jour. Mais sans une réappropriation de ces technologies d’écriture et de publication, nous prenons un risque considérable. Celui de devenir la proie docile sujette à toutes les manipulations. Nous pourrions alors nous considérer comme illettrés dans un monde organisé par l’écrit. Une écriture numérique. C’est ce qui se passe en ce moment.

Un groupe comme le notre n’a jamais eu pour objectif de toucher le plus grand nombre. Ni de gagner de l’argent. A l’heure de la dictature de l’audience intégrée et exploitée en temps réel, on se demande bien quel est notre rôle et notre responsabilité. Alors même que nous voyons bien que quelque chose ne tourne pas rond.

Ceux d’entre vous qui jouent dans des groupes connaissent par cœur cette question revenant comme une vieille rengaine qu’on pose à celui qui fait de la musique. Famille ou amis. Le fameux « t’en vis, de ta musique ? ». On s’est souvent dit entre nous que cette musique nous faisait vivre d’une manière ou d’une autre. Nous disons ici aux promoteurs de l’abrutissement généralisé que leurs concepts sont insuffisants pour répondre à cette question. La raison pour laquelle nous faisons de la musique reste mystérieuse. Elle est cependant indispensable à notre existence. Aussi nous tentons de favoriser cette nécessité. Et de combattre ceux qui agissent contre cette nécessité.

Nous sommes un groupe de punk rock. Et nous en sommes fier. Pour nous cela à un sens. Nous récusons la limitation à la fonction d’étiquette du terme qui vise simplement à vous en faire consommer. Nous pensons que s’il y’a des groupes de punk rock c’est pour de bonnes raisons. Notamment comme sursaut face à la prolétarisation de tous y compris des amateurs de musique. Il ne s’agit pas de prôner un retour en arrière ou à idéaliser un passé révolu que nous n’avons d’ailleurs pas connu. Ou à réécrire je ne sais quelle histoire du punk rock. Nous pointons ici la responsabilité des industries culturelles évidemment, mais aussi celle des groupes et des institutions qui entretiennent cette confusion. Contre laquelle seuls les vrais amateurs de musique peuvent quelques choses. Et contre les professionnels de la professions.

Soutenir les lieux de concerts indépendants émergents du terrain. Refuser d’avoir une page Facebook par exemple ne relève pas d’une volonté de communiquer ou de faire passer un message, mais bien de retrouver le sens de ce que nous faisons par une nouvelle pratique. D’abord pour nous mais aussi pour les autres. Nous ne sommes pas différents de vous. Nous sommes autant accablés que vous face à la situation actuelle. Nous pensons que la musique et le punk rock en particulier ont un rôle à jouer dans la compréhension de ce monde. Et nous considérons comme absolument insupportable le caractère soit disant inéluctable de la situation que nous opposent aujourd’hui systématiquement, consciemment ou non, les défenseurs de ce modèle hyper toxique.

Le déni collectif à l’œuvre qui empêche de réfléchir à ces problèmes est de moins en moins tenable. En tout cas pour nous il n’est absolument plus supportable. La façon dont nous pratiquons la musique est notre contribution à la lutte contre ces états de faits insupportables et nous invitons chacun à se réapproprier sa volonté pour mettre en œuvre cette vision singulière qui fait cruellement défaut, et dont nous avons tant besoin.


2 réponses à “De l’écologie du punk rock”

  1. ced dit :

    en voilà une réflexion d’authentique punk, même si y’a pas le petit emoji je plussois 😉

  2. Raphik dit :

    Excellent ! Ça m’fait vibrer poto !

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